• POUR L'AMOUR DE LA ROUTE ...SEPTIEME ET HUITIEME JOUR

      Jour de déception , ma tante n'habite plus Marmande et même ses amis de la route de Tonneins ne sont plus là .
        Je suis désorienté et je part vers Bergerac , les jambes  lourdes . Je ne tarde pas a m'arrêter sous un figuier et faire une sieste prolongée dans le fossé.. A mon réveil je vois un vieux monsieur qui me regarde avec un air dubitatif .Il s'éloigne en grognant et soliloquant. Je reprend la route .
        Une route bien vide pour un dimanche . Mais ou sont passées les belles cyclistes aux jambes nues , les jupes relevées très haut , laissant voir des cuisses superbes . La chaleur torride doit en être la cause. Je m'arrête a toutes les fontaines rencontrées pour boire et m'asperger le visage et les bras .
       

         C'est vraiment trop dur , j'avise un bout de terrain bien abrité du soleil et la propriétaire m'autorise a y planter ma tente . Je lui achète des oeufs et confectionne mon repas du soir avec en plus des tomates et une aubergine .
    Un petit morceau de lard acheté en passant dans une petite épicerie de campagne va rendre l'omelette délicieuse .
       

          Cinquante kilomètres seulement aujourd'hui . Je suis un peu après Eymet que les gens prononcent ici "eu-y-met". J'ai du mal a m'endormir et je  m'allonge sous les étoiles , un bon moment a coté de la tente .
        Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas toujours . Je rêve du lavoir entouré de jolies filles , même si elles ne prennent pas toutes le car pour Bordeaux . ( voir le quatrième jour) .
       

         La voûte céleste scintille au dessus de moi, rassurante . J'ai l'impression de me perdre dans les étoiles . Je suis en apesanteur .

    HUITIÈME JOUR

        Je suis réveillé en fanfare par un vieux fou qui sonne au clairon ... "Soldat lève toi bien vite......" . Serais-je déjà à l'armée ? Jatant de la première guerre mondiale . Il arrête sa musique , me fait un salut martial et disparaît vers la rivière .

           La vieille dame crie " Clémenceaux, rentre a la maison " et m'explique que son mari est un peu fou mais pas dangereux . Il a fait Verdun , les Éparges et le Chemin des dames ... je me frotte les yeux et découvre un vieux bonhomme en tenue militaire de 14/18 . Ceci peut expliquer cela !
       

          Je déjeune copieusement car vu la température , le repas du matin sera le seul jusqu'à ce soir. Je remplis ma gourde a la source proche et reprend la route . Superbe descente sur la plaine de Bergerac le long des vignes du fameux Montbazillac .
       

           Interdiction de monter les côtes (nombreuses) en "danseuse" comme sait le faire tout bon grimpeur . Charge trop lourde , risque de chute . Mais avec mon petit plateau "montagne" et ma "24 dents" a l'arrière , je grimpe sans accoups , lentement mais sûrement .
        Toujours , très peu de voitures mais retour des filles bronzées , aux cuisses nues . Le moral remonte . La chaleur ne me  gène plus .
       

         Bientôt  Brantome ou un brave homme me cède un petit coin de gazon et le nez au ras des paquerettes  j'aperçois l'abbaye . Bonne nuit les petits.

     

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